Réaliser une isolation pour parquet flottant est une étape clé avant la pose : elle améliore le confort (bruits, sensation de froid), contribue à la durabilité du sol et aide à sécuriser la pose sur un support parfois imparfait. Dans la majorité des projets, cette isolation se fait grâce à une sous-couche placée entre le support et le parquet, parfois complétée par un film pare-vapeur si le support présente un risque d’humidité. Pour préparer votre projet et explorer les grandes familles de revêtements, vous pouvez aussi consulter cette page dédiée aux parquets.
Pourquoi isoler sous un parquet flottant ?
Le parquet flottant (stratifié, contrecollé, parfois certains parquets bois compatibles) se pose généralement sans collage sur toute la surface : les lames s’assemblent entre elles et “flottent” sur une sous-couche. Dans ce contexte, l’isolation ne sert pas uniquement à “mettre quelque chose dessous” : elle remplit plusieurs fonctions techniques qui, ensemble, conditionnent le résultat final.
- Confort acoustique : réduction des bruits d’impact (pas, chocs, chaises) et, selon les systèmes, amélioration du confort sonore global dans la pièce.
- Confort thermique : atténuation de la sensation de sol froid, surtout au-dessus d’un garage, d’un vide sanitaire ou sur une dalle béton en rez-de-chaussée.
- Protection du parquet : limitation des contraintes mécaniques (micro-défauts du support), contribution à une pose plus stable, réduction des risques de grincements.
- Gestion de l’humidité : rôle de barrière (avec pare-vapeur adapté) contre les remontées d’humidité provenant de certains supports minéraux.
À noter : chercher à “tout corriger” avec une sous-couche très épaisse est rarement une bonne stratégie. Un support trop irrégulier doit d’abord être repris (ragréage, ponçage, réparation), sinon le parquet risque de travailler, de se désolidariser ou de s’user prématurément.
Comprendre les deux objectifs : acoustique et thermique
Isolation acoustique : ce qui compte vraiment
Quand on parle d’isolation acoustique sous parquet flottant, il faut distinguer deux notions :
- Bruits d’impact : bruits transmis par la structure lors d’un choc (talons, objets qui tombent, déplacement de meubles). C’est le point le plus sensible en appartement.
- Bruits aériens : voix, musique, télévision. Une sous-couche aide parfois, mais ce n’est pas son terrain principal : le traitement des bruits aériens passe plutôt par des solutions globales (cloisons, plafonds, doublages, etc.).
Pour améliorer les bruits d’impact, la sous-couche doit être capable d’amortir et de désolidariser légèrement le parquet du support. Les matériaux “résilients” et bien dimensionnés donnent souvent de meilleurs résultats qu’une simple mousse basique posée sur un support irrégulier.
Isolation thermique : confort et sensation au pied
Une sous-couche peut améliorer le confort thermique, mais son impact dépend fortement de la situation. Sur un sol déjà isolé (plancher intermédiaire chauffé, dalle isolée), le gain sera surtout perceptible en confort “au pied”. En revanche, au-dessus d’un volume non chauffé ou sur une dalle froide, une stratégie plus complète peut être nécessaire (isolation sous chape, isolant rigide, correction des ponts thermiques, etc.).
Autre point essentiel : en présence d’un plancher chauffant, l’objectif est de conserver une faible résistance thermique pour ne pas bloquer la diffusion de chaleur. Dans ce cas, il faut choisir une sous-couche explicitement compatible et éviter les produits trop isolants.
Les grandes familles de sous-couches
Il n’existe pas une “meilleure” sous-couche universelle. Le bon choix dépend du support, des contraintes acoustiques, de l’humidité potentielle, de la présence d’un plancher chauffant, et du type de parquet flottant (stratifié, contrecollé, etc.).
Sous-couches synthétiques (mousses et films techniques)
Les sous-couches synthétiques se trouvent le plus souvent sous forme de rouleaux (ou panneaux) faciles à mettre en œuvre. Elles peuvent convenir à de nombreux chantiers standards, avec un bon rapport simplicité/prix, à condition de choisir un produit adapté à l’usage.
- Mousse polyéthylène (PE) : courante, économique, souvent utilisée en rénovation légère ; performances acoustiques variables selon densité et structure.
- Mousse polyuréthane (PU) : souvent plus performante sur l’acoustique que le PE basique, avec une meilleure résilience selon les gammes.
- Sous-couche avec pare-vapeur intégré : combine amorti + barrière contre l’humidité ; utile sur certains supports minéraux si la notice le prévoit.
Point de vigilance : certaines mousses très fines et légères compensent peu les micro-défauts et vieillissent plus vite. Une sous-couche “premier prix” peut suffire dans une chambre au support parfait, mais devenir insuffisante dans une pièce de vie, une entrée ou un étage bruyant.
Sous-couches naturelles (liège, fibre de bois, etc.)
Les matériaux naturels sont appréciés pour leur densité, leur comportement dans le temps et leur confort global. Ils peuvent offrir une très bonne sensation de stabilité sous les lames et de bons résultats acoustiques, à condition d’être compatibles avec la configuration du sol.
- Liège : matériau naturellement résilient, souvent très intéressant en acoustique et en confort ; il existe en rouleaux ou panneaux selon les formats.
- Fibre de bois : appréciée pour ses qualités de confort et son approche biosourcée ; attention à la compatibilité plancher chauffant selon l’épaisseur et la densité.
Ces sous-couches sont souvent plus épaisses que les mousses fines. Cela peut être un avantage (confort, correction légère), mais impose de vérifier les hauteurs disponibles (portes, seuils, plinthes) et la conformité aux règles de pose du parquet.
Pour découvrir d’autres solutions destinées à l’isolation des planchers et supports, cette page est utile : isolation des sols.
Bien choisir selon le support
Sur dalle béton ou chape ciment
Sur support minéral, le sujet principal est souvent l’humidité résiduelle ou les remontées capillaires. Même si le sol “semble sec”, une barrière adaptée peut être indispensable pour éviter que l’humidité ne perturbe le parquet (gonflement, déformation, tuilage, apparition de jours).
- Vérifier la siccité du support (taux d’humidité conforme aux préconisations de pose).
- Prévoir un pare-vapeur si nécessaire (film polyéthylène adapté ou solution intégrée selon les systèmes).
- Soigner les recouvrements et l’étanchéité des jonctions (adhésif prévu pour cet usage).
Dans la pratique, la meilleure sous-couche ne compensera jamais une chape trop humide. En cas de doute, mieux vaut diagnostiquer la cause (humidités, absence de rupture capillaire, infiltration, défaut de séchage) avant d’enfermer le problème sous un parquet.
Sur ancien carrelage
La pose d’un parquet flottant sur carrelage est courante en rénovation. Ici, le point clé est la planéité : les joints creux et les carreaux irréguliers peuvent créer des zones d’appui insuffisantes, sources de bruit et d’usure des assemblages.
- Nettoyer et dégraisser parfaitement.
- Ragréer si les joints sont marqués ou si certains carreaux “sonnent creux”.
- Choisir une sous-couche capable d’apporter un bon amorti, sans promettre une correction de gros défauts.
Sur parquet ancien ou plancher bois
Sur plancher bois, l’enjeu est souvent double : le bruit (grincements, impacts) et la stabilité du support. Si le plancher bouge, la pose flottante peut amplifier la sensation de “creux” et créer des nuisances sonores.
- Reviser/renforcer les lames ou panneaux si nécessaire.
- Traiter les grincements à la source (fixations, calages, reprises).
- Privilégier une sous-couche acoustique efficace, adaptée aux charges d’usage de la pièce.
Cas particulier : plancher chauffant
Avec un plancher chauffant, le mot d’ordre est : laisser passer la chaleur. Une sous-couche trop isolante diminue les performances du système, augmente le temps de réaction et peut provoquer des contraintes thermiques supplémentaires sur le revêtement.
- Choisir une sous-couche explicitement compatible plancher chauffant.
- Vérifier la résistance thermique totale du complexe (sous-couche + parquet), selon les préconisations du fabricant du parquet et du chauffage.
- Respecter les protocoles de mise en chauffe et d’arrêt avant/pendant la pose (montée progressive, stabilisation, etc.).
Un parquet flottant compatible, une sous-couche adaptée et une mise en chauffe conforme font toute la différence en confort et en durabilité.
Épaisseur : trouver le bon équilibre
L’épaisseur est souvent le premier critère regardé, mais elle n’est pas suffisante à elle seule. Une sous-couche fine et dense peut mieux fonctionner qu’une sous-couche épaisse mais trop souple, notamment pour la stabilité des assemblages.
- 2 à 3 mm : courant en rénovation, souvent compatible avec de nombreux parquets et planchers chauffants (selon caractéristiques).
- 4 à 6 mm : meilleur confort possible selon supports, mais attention aux hauteurs, aux seuils et à la compatibilité avec le parquet.
Le meilleur réflexe consiste à suivre la notice de pose du parquet : certains systèmes d’assemblage tolèrent mal des sous-couches trop “molles” ou trop épaisses, ce qui peut provoquer des jeux, des déverrouillages ou des bruits.
Pose : les bonnes pratiques
1) Préparer le support
- Support propre, dépoussiéré, sec.
- Planéité correcte (sinon ragréage ou correction adaptée).
- Température et humidité ambiantes raisonnables, sans chantier “humide” en cours.
2) Installer pare-vapeur si nécessaire
Si un film est requis, il se pose en premier sur le support, avec des recouvrements suffisants et une étanchéité soignée. Il doit remonter légèrement en périphérie, puis être coupé après pose des plinthes (ou selon le système de finition).
3) Dérouler/poser la sous-couche
- Dérouler lés par lés, sans laisser de plis.
- Rapprocher les bords (ou recouvrir selon les instructions du produit).
- Scotcher les jonctions si la notice le demande, pour éviter tout déplacement pendant la pose.
4) Poser le parquet flottant
- Respecter un jeu périphérique (dilatation) tout autour de la pièce.
- Éviter de bloquer le parquet sous les huisseries (détalonnage, découpe, profils adaptés).
- Travailler proprement : une petite chute ou un gravier sous la sous-couche peut créer une bosse et des bruits.
Erreurs fréquentes à éviter
- Choisir une sous-couche uniquement “au mm” sans tenir compte du support, de l’acoustique et des contraintes.
- Oublier la gestion de l’humidité sur dalle/chape.
- Poser sur un support irrégulier en espérant que la sous-couche compense tout.
- Installer une sous-couche trop isolante sur plancher chauffant.
- Ne pas respecter les jeux de dilatation, ce qui peut provoquer soulèvements et bruits.
Conclusion
Une bonne sous-couche isolante sous parquet flottant améliore nettement le confort au quotidien : moins de bruits d’impact, sensation de sol plus agréable, pose plus stable et revêtement mieux protégé. Le choix doit se faire en fonction du support (béton, carrelage, plancher bois), du niveau d’exigence acoustique, du risque d’humidité et de la présence éventuelle d’un plancher chauffant. En combinant un support bien préparé, une sous-couche adaptée et une pose soignée (pare-vapeur si nécessaire, jonctions propres, jeu périphérique), vous obtenez un sol durable, confortable et plus silencieux.
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